Écrire les caractères spéciaux

Écrire les caractères spéciaux
Petit guide de typographie et d'orthographe à l’attention des rédacteurs

logoComme vous avez déjà pu le remarquer, il est assez souvent compliqué d’écrire le nom des dieux ou des lieux de la mythologie sur ordinateur. La majorité des claviers, surtout sous Windows, sont mal adaptés et il leur manque la plupart des caractères nécessaires comme þ, ð, á, í, æ…, à vrai dire ce n’est en général même pas possible d’écrire correctement en français (essayez donc de faire des œ, É et autres À avec votre clavier, et il ne s'agit là que d'orthographe, les fautes de typographies causées par ces mauvais claviers sont légions et mériteraient un article entier).
Heureusement pour nous il existe un certain nombre de méthodes apportant des solutions à ce problème. Ces méthodes diffèrent selon le type de système d’exploitation.
J’ai testé les solutions proposées ci-après à partir de Xubuntu 12.04 LTS Precise Pangolin pour les systèmes Linux et Windows 7 pour les Windows. Cela devrait fonctionner à l’identique sur les systèmes proches mais des variations sont possibles, en particulier sur Unix/Linux.


I. Les codes de caractères

Il s’agit avec cette méthode d’entrer une combinaison de touches et de chiffres qui vont permettre d’obtenir le caractère désiré, chaque caractère ayant son propre code. Cette méthode est adapté quand on doit utiliser de manière ponctuelle un caractère spécial, pour un usage plus régulier il est plus intéressant de changer de disposition de clavier (voir partie suivante). Elle reste néanmoins obligatoire pour certains caractères spécifiques comme les runes.
On trouve principalement deux systèmes de codage différents : l’Unicode et l’ASCII.
Rappelons en revanche qu’il ne s’agit bien que de systèmes de codage de caractère, c’est-à-dire que pour que le caractère s’affiche correctement vous devez avoir installé sur votre ordinateur une police qui supporte ce caractère.


Sur les distributions Unix/Linux : l’Unicode
L’Unicode est un standard qui a été crée dans le but d’unifier le codage de caractère, l’objectif est de proposer à terme les glyphes de toutes les langues du monde, y compris de celles qui ne sont plus pratiquées. Concrètement pour nous l’avantage c’est qu’outre les caractères islandais comme ð ou þ on va y trouver l’alphabet runique presque complet, l’alphabet gotique, etc.
En outre étant donné que c’est un standard il est largement supporté, en particulier sur le web, ce qui nous permet de l’utiliser sur nos pages.
Sur Unix/Linux les caractères s’insèrent par le biais de deux méthodes, c’est soit l’une, soit l’autre, selon votre distribution (parfois les deux fonctionnent aussi) :
_Maintenir CTRL + MAJ + U et, tout en maintenant, entrer le code du caractère. Relâcher ensuite pour afficher le caractère.
_Appuyer en même temps sur CTRL + MAJ + U puis relâcher. Entrer ensuite le code du caractère puis ENTRÉE (ou espace parfois, voir CTRL ou MAJ).
CTRL + MAJ + U + 16A2 donne donc la rune ᚢ
Cette méthode fonctionne également sur le web (sur notre site en tout cas), mais pour les pages html on peut aussi entre le code de la manière suivante :
On entre &#x suivi du code de caractère et on clôture par un point-virgule.
La première méthode a toutefois l’avantage d’être plus lisible quand on écrit car le caractère s’affiche directement, alors qu’avec la seconde le caractère ne s’affiche que lorsqu’on fait un aperçu ou poste le texte.
Les listes des codes de caractères sont disponible sur le site d’Unicode, classée par types : http://www.unicode.org/charts/index.html

Sur Windows, l’ASCII
Sur Windows l’Unicode est supporté mais la méthode d’insertion des codes donne un peu l’impression d’avoir été intégrée à la va-vite. Il en ressort que le système est moins pratique que sur Linux.
On peut en tout cas sur Word et Wordpad insérer les codes de la manière suivante :
On tape d’abord le code puis immédiatement après on fait la combinaison ALT + X (pour des raisons mystérieuses c’est parfois C aussi).
Il faut reconnaître quand même que le système a ceci de bien fait qu’il passe automatiquement à une police où le caractère concerné est disponible, ça évite d’afficher des carrés vides.
Il y a d’autre méthodes mais dans la plupart des cas ça va demander de modifier une clé de registre, or j’aimerais rester sur des choses basiques.
A noter que pour entrer un code Unicode sur le web avec Windows la seule méthode qui fonctionne est celle pour le html décrite dans la partie précédente.
Il y a toutefois sous Windows un autre système de codage, plus ancien et plus limité, mais qui nous fournit toutefois l’essentiel des caractères utiles : l’ASCII étendu.
L’ASCII est simple à utiliser, on entre un caractère simplement par en maintenant la touche ALT et en entrant un code à quatre chiffres.
Théoriquement l’ASCII fonctionne sur le web, la compatibilité étant prévue avec l’Unicode qui est aujourd’hui utilisé presque partout. Je ne sais toutefois pas jusqu’à quel point la compatibilité est prévue, il me semblerait donc préférable de privilégier l’Unicode dans ce genre d’usage.
Voilà une liste des codes courants pour les lettres qui ne sont pas sur le clavier de base :

Œ0140È0200Ò0210Ý0221æ0230ó0243
œ0156É0201Ó0211Þ0222ì0236ø0248
Å0197Ì0204Ø0216ß0223í0237ú0250
Æ0198Í0205Ù0217á0225ð0240ý0253
Ç0199Ð0208Ú0218å0229ò0242þ0254


II. Les dispositions de clavier

Entrer des codes de caractère c’est bien mais on se rend vite compte qu’écrire un texte entier en norrois devient une tâche longue et pénible avec cette méthode. Il y a heureusement des solutions, plus ou moins simples selon les systèmes d’exploitation.
Avant de commencer je vais quand même expliquer rapidement ce qu’est une disposition de clavier (note importante : je pars du principe que vous disposez d’un clavier 105 touches international, vu que c’est de très loin le plus répandu).
Il faut bien comprendre que le clavier est composé de deux éléments distincts :
la partie matérielle : ce sont les touches sur lesquelles vous tapez.
la partie logicielle : c’est ce qui identifie une touche ou une combinaison de touches à un caractère donné, c’est donc lui qui gère la distribution des touches.
Par souci pratique les fabricants ont inscrit sur les touches du clavier physique qu’ils vendent avec leur ordinateur les caractères auxquels ils correspondent dans le logiciel, mais dans les faits les deux sont indépendants et on peut changer la disposition du clavier sans changer le clavier physique (évidemment dans ce cas là les indications des touches ne correspondront plus totalement).

On peut ainsi modifier radicalement la structure du clavier (en utilisant par exemple une disposition de clavier bépo à la base d’une disposition azerty) ou simplement ajouter de nouveau caractères en utilisant des combinaisons. Même si la disposition bépo est très intéressante je vais plutôt parler de la deuxième solution.


Unix/Linux
Sur ces types de systèmes d’exploitation c’est très simple, la disposition de clavier installée par défaut prenant en compte les lettres supplémentaires des alphabets français, allemand et scandinaves. Les caractères spéciaux peuvent être insérés via la combinaison ALT GR + touche ou ALT GR + MAJ + touche.
La touche concerné peut légèrement varier, la disposition prenant en compte parfois le latin 1 ou le latin 9 (deux jeux de caractères presque identiques mais avec quelques différences, le latin 1 ne possédant par exemple pas le œ;).
Par exemple chez moi la combinaison ALT GR + h me donne ð.
Pour les alphabets radicalement différents, comme le cyrillique ou le grec, on peut changer la disposition de clavier pour avoir accès à de nouvelles touches.
Pour changer la disposition de clavier c’est là encore c’est très simple, la plupart des claviers étant déjà installés. Il suffit d’aller dans le gestionnaire de paramètres → clavier → disposition. On peut ensuite ajouter à la liste différentes disposition et les sélectionner quand on en a besoin.
Pour pouvoir alterner avec plus de facilité entre les disposition de clavier on peut ajouter un greffon dans la barre des tâches (clic droit sur la barre → tableau de bord → ajouter des greffons → disposition de clavier).
Par exemple chez moi j’alterne de cette manière entre le clavier français standard latin 9, le clavier grec polytonique et le clavier hongrois standard.


Windows
Sur Windows c’est un peu plus compliqué, car s’il y a bien plusieurs des dispositions de claviers d’autres langues disponibles il n’y a pas de vraie disposition latin 9 comme sur les Linux.
Personnellement j’ai résolu le problème en installant un clavier latin 9 identique à celui de mon Xubuntu, que j’ai trouvé déjà compilé ici (rubrique téléchargement) : http://raccourcis.ikilote.net/Latin-9_%28Windows%29
Testé et certifié parfaitement fonctionnel sous Windows 7. Pour l’installation d’une nouvelle disposition de clavier je vous laisse suivre les indications qui se trouvent sur la même page.

Voilà qui clôt ce petit article, plus d’excuses possibles désormais de ne plus écrire parfaitement les mots norrois (c’est heiðinn qui va être content).

Runi.
Cette page a été consultée 854 fois